Résistances

Hacktivisme, détournements et tactiques artistiques à l’ère numérique

Depuis 20 ans, les technologies numériques s’immiscent dans chaque interstice de nos existences – de la sphère intime aux dynamiques géopolitiques – les artistes se font les témoins, les observateur·ices critiques, mais aussi les acteur·ices d’une contre-narration nécessaire. Pour son édition 2026, la Biennale des Imaginaires Numériques propose d’interroger les modalités de résistance artistique face aux logiques normatives, extractivistes et oppressives des technologies contemporaines.

Le thème de la résistance, abordé sous l’angle des cultures numériques, ouvre un espace de réflexion pluriel, à la croisée de l’activisme, des tactiques de subversion et des gestes artistiques de désobéissance. Il s’agit d’examiner comment les pratiques numériques – qu’elles soient issues de la performance, de l’installation, du spectacle vivant– peuvent devenir des espaces de lutte symbolique, politique et esthétique.

Le commissariat de cette édition s’articule autour de cinq axes. Le premier s’intéresse à la question des gestes et tactiques de désobéissance développés par les artistes face aux systèmes numériques contemporains. Un deuxième ensemble d’œuvres explore les contre-cartographies contemporaines : mémoires déplacées, récits minorés, territoires fragmentés et identités méditerranéennes y composent d’autres géographies sensibles. Le troisième axe s’intéresse aux langages produits avec la machine et aux stratégies de fabulation capables de résister aux récits dominants.

La Biennale donne également une place centrale aux relations entre technologies, écologie et imaginaires du vivant. Vibrations terrestres, phénomènes géologiques ou fragilité des écosystèmes deviennent ici des formes d’expression politique capables de déplacer les récits anthropocentrés dominants. Enfin, plusieurs expositions ouvrent des perspectives spéculatives face aux imaginaires dystopiques devenus omniprésents. Elles affirment la nécessité de reconstruire des futurs désirables, collectifs et habitables.

Résister, ici, ne signifie pas seulement s’opposer. C’est aussi réinventer des récits, produire d’autres sensibilités et maintenir ouverte la possibilité d’imaginer autrement.

Mathieu Vabre, directeur artistique & Jean Paul Fourmentraux, commissaire d’exposition invité.


Commissaire d’exposition invité : Jean Paul Fourmentraux

Pour cette édition 2026 sur la thématique Résistances, CHRONIQUES a sollicité Jean-Paul Fourmentraux comme commissaire invité, aux côtés de Mathieu Vabre, directeur artistique de la Biennale. Ses travaux sur les contre-cultures numériques font de lui un interlocuteur idéal pour explorer les pratiques artistiques de résistance et de détournement au cœur de cette thématique.

Biographie Jean Paul Fourmentraux

Jean Paul Fourmentraux, est philosophe et socio-anthropologue (PhD), critique d’art et théoricien des médias français (AICA), spécialisé dans la question du rapport entre art, politique et technologies numériques. Il est professeur à l’Université d’Aix-Marseille, chercheur au Centre Norbert-Elias (UMR CNRS 8562), auteur de plusieurs ouvrages sur les (contre-)cultures numériques, dont Art et Internet (CNRS éd., 2010), L’œuvre Virale. Net art et culture Hacker (La lettre volée, 2013), Identités numériques (CNRS éd. 2015), Digital Stories (Hermann, 2016), Images Interactives (La Lettre Volée, 2017), antiDATA. La désobéissance numérique (Presses du réel, 2020), Sousveillance. L’oeil du contre-pouvoir (Presses du réel, 2023).

lespressesdureel.com

La programmation artistique de la Biennale se construit à plusieurs mains et dans une logique de coopération entre les partenaires du territoire. Le comité artistique de la Biennale se constitue avec la direction artistique et les équipes de CHRONIQUES, les partenaires et personnalités extérieures invitées. Les choix sont faits en concertation durant de longs mois. Les projets artistiques sélectionnés et accueillis résonnent avec la thématique choisie et reflètent d’une manière ou d’une autre les valeurs et engagements de CHRONIQUES portés sur la diversité des genres, des esthétiques et des formes, les identités plurielles, le respect humain et l’attention aux enjeux environnementaux et sociétaux.