Maïssane Alibrahimi FR/MA
Prise d’inventaire

Le Bruit des Silencieuses, installation sonore
Sommaire de Taous Imari, installation visuelle
Bouss Mat’khafch, installation vidéo

Exposition Voix méditerranéennes

Du 30 octobre au 17 janvier 2027
Tous les jours sauf le mardi de de 10h à 12h30 et de 13h30 à 17h.

Pavillon de Vendôme
Aix-en-Provence

Le Bruit des Silencieuses est une installation sonore interactive qui transforme des objets domestiques en dispositifs autonomes de contestation. Inspiré du cacerolazo, geste collectif de protestation, le projet réactive le bruit comme langage politique. Automatisés par des moteurs et capteurs, les objets s’entrechoquent et vibrent, produisant une cacophonie mécanique entre chaos et rythme. Associés au soin et au silence imposé, ils deviennent ici des corps autonomes sonores résistants. L’œuvre interroge les tensions entre espace intime et espace public, et rend hommage aux voix invisibilisées, notamment celles des femmes, en faisant du bruit un acte de mémoire, de réparation et d’émancipation collective.

Sommaire de Taous Imari explore la porcelaine comme un point de convergence entre cultures, à travers une relecture contemporaine des traditions du mariage marocain et de la céramique. Maïssane Alibrahimi s’intéresse à la porcelaine Imari, circulant entre la Chine, le Japon et le Maroc, devenue symbole de richesse et de raffinement. En détournant ces objets, elle en altère formes et motifs par un processus de fragmentation et de recomposition, où la fissure est révélée par une ligne dorée. Ce geste subversif interroge leur fonction et met en lumière la fragilité des rituels, tout en questionnant la place de la femme et la transmission domestique.

Bouss Mat’khafch est une vidéo composée d’un montage de scènes de baisers censurées issues d’une télénovela ‘Amarte así’, diffusée à la télévision marocaine sous le titre Ayna Abi/Où est mon père?. En révélant ces images absentes, le projet interroge la censure du désir, la culture de la honte et la pénalisation de l’amour. Par une accumulation volontairement saturante, les gestes deviennent dérangeants, exposant les normes patriarcales, l’effacement de l’initiative féminine et une forme d’occidentalisation des représentations. L’œuvre propose un lâcher-prise face à ces tabous.