
Du 23 octobre au 17 janvier 2027
du mercredi au dimanche de 14h à 19h
Friche la Belle de Mai (R4)
Marseille
Production soutenue par Le Fresnoy – Studio national des arts contemporains, Tourcoing, France. Présentée lors de « Panorama 26 », sous la direction artistique de Marta Gilia. Tapis conçu en collaboration avec Aude Abou Nasr.

Dans Hybrid Memory, Amer Albarzawi dépeint la dualité de son existence depuis son départ de Damas en 2010 : la mémoire tangible côtoie la mémoire floue au sein des mondes numériques. Cette installation vidéo capture un foyer qui s’étend sur plusieurs fuseaux horaires, de Damas à Bagdad, en passant par Istanbul et Paris, et qui trouve son ancrage dans les appels vidéo quotidiens avec sa famille. À travers une boîte de filtres d’écran démontés, les spectateurs plongent dans un espace de souvenirs fragmentés, représentant sa famille dispersée, réunie uniquement dans cette demeure numérique.
L’œuvre transforme les écrans de simples projecteurs en fenêtres sur des vies vécues dans la solitude, reflétant les transmissions intermittentes et parfois floues qui nous relient. Elle témoigne de la communication à distance et rend compte d’événements vécus virtuellement : un mariage, des fiançailles, la pousse de la barbe, l’absence intense de la perte.
Alors que la technologie estompe les frontières entre le présent et l’acteur, Hybrid Memory soulève la question de l’existence au-delà de l’écran, où sa famillet et lui-même deviennent les gardiens d’une réalité divisée mais profonde. Cette œuvre est un témoignage intime d’échos numériques, une exploration artistique du médium qui soutient leur union fragmentée.

Amer Al-Barzawi (né en 1987 à Damas) est un artiste multidisciplinaire et cinéaste syrien basé en France. Ancrée dans la gymnastique, la danse contemporaine et le cinéma expérimental, sa pratique explore la tension entre mémoire personnelle et récits officiels, présence numérique et hiérarchies invisibles qui façonnent la culture et l’appartenance. Il est diplômé avec mention du Fresnoy – Studio national des arts contemporains (2024), où il a développé Hybrid Memory.