Voix méditerranéennes

Maïssane Alibrahimi FR/MA   Dorra Hichri TN  – Yassine Aguerbi TN

Du 23 octobre au 17 janvier 2027
du mercredi au dimanche de 14h à 19h

Musée du Pavillon de Vendôme
Aix-en-Provence

Tarifs
  • 5€
  • Gratuit (-26 ans, bénéficiaires RSA, chômeurs longue durée, bénéficiaires aide sociale et autres critères, à consulter en ligne ou sur place)
Mentions

En coproduction avec le Musée du Pavillon de Vendôme

Les œuvres réunies dans cette exposition font émerger trois voix, trois pratiques d’artistes originaires de la rive sud de la Méditerranée. De voix, il est précisément question dans le travail de Maissane Alibrahimi, qui transforme des objets tirés de l’espace domestique — espace auquel la femme est si souvent assignée — en formes de résistance à la fois sensibles et politiques. Bruits de casseroles mués en corps sonores de contestation, porcelaines fragmentées puis réassemblées pour déconstruire les rituels et s’en affranchir, scènes de baisers censurées : l’artiste révèle ainsi la charge symbolique et politique qui sommeille dans ces espaces trop souvent invisibilisés.

La question de l’identité méditerranéenne traverse également le travail de Dorra Hichri. Au travers d’installations immersives mêlant projections microscopiques, eaux cristallisées, lumière, végétaux et protocoles scientifiques, l’artiste révèle des phénomènes trop souvent invisibles : circulation de l’eau et inégalités d’accès, transformations organiques, fragilité des écosystèmes. En s’appuyant sur des méthodes proches de la recherche scientifique, elle détourne les outils de l’analyse pour produire des expériences sensibles où se rencontrent poésie et écologie politique.

C’est une autre forme d’invisibilité que sonde Yassin Agrebi dans Algae : celle des déchets, relégués hors du champ du regard et pourtant omniprésents. À partir de rebuts électroniques et de filtres de cigarettes chargés de pigments réactifs aux ultraviolets, l’artiste compose des installations qui, sous la lumière UV, se métamorphosent en proliférations lumineuses aux allures d’algues marines. En révélant dans ces matières rejetées une beauté troublante et presque organique, Agrebi interroge notre rapport à la pollution et aux cycles de transformation de la matière — là où le déchet, réinventé par le geste artistique, redevient forme vivante, comme une métaphore de cette Méditerranée elle-même saturée de rebuts et pourtant toujours porteuse d’une troublante vitalité.


Activités pour les publics


Visites commentées proposées par le musée

Tous les mercredis et samedis à 15h : 3 € en plus du billet d’entrée.
Réservation obligatoire au 04 42 91 88 74.