
Du 30 octobre au 12 décembre 2026
du mercredi au samedi de 14h à 19h
La Galerie de La Manufacture
Aix-en-Provence
Une co-production Werktank, Leuven, Belgium and Nemo Biennal, le 104, Paris, France


Augures réinterprète la lithophanie — technique céramique du XIXe siècle où l’image apparaît par transparencction anachronique mêle végétation et infrastructures numériques, sans temporalité dée — grâce à l’impression 3D stéréolithographique et un éclairage électronique. Les images proviennent d’une recherche autour de l’IA générative : un algorithme entraîné sur des gravures des XVIIIe et XIXe siècles représentant des paysages naturels idéalisés y intègre centres de données, fermes de cryptomonnaies, postes de surveillance ou entrepôts logistiques. Inspirée par l’hantologie de Derrida et Mark Fisher, l’œuvre interroge l’IA comme outil de résurgence accélérée du passé, même dans la construction de nos imaginaires futurs.

Né en 1991, Thomas Garnier est un artiste visuel et architecte français dont la pratique explore le cycle de vie de l’environnement bâti à travers le prisme de l’automatisation numérique. Diplômé de l’ENSAPVS et du Fresnoy – Studio national des arts contemporains, il est lauréat du prix « Révélation Arts Numériques » de l’ADAGP pour son installation Cénotaphe.
Thomas Garnier s’appuie sur des modes de production de pointe — robotique, impression 3D et ingénierie environnementale — pour réactiver des dispositifs pré-cinématographiques tels que la fantasmagorie, la lithophanie ou le « Pepper’s Ghost ». Son travail opère une forme d’ « hantologie technique », où la précision des machines contemporaines sert à réanimer les spectres de l’histoire architecturale. Des maquettes de béton automatisées qui se construisent et s’effondrent perpétuellement aux jeux d’ombres robotisés de « dark factories », ses installations créent un dialogue entre la masse des vestiges industriels et l’immatérialité du flux numérique.
En télescopant l’imagerie romantique du XVIIIe siècle avec des paysages générés par IA — où s’entremêlent serveurs et hubs logistiques — Thomas Garnier documente un monde en dérive, suspendu entre édification et décomposition. Sa pratique révèle une archéologie du présent : un espace instable et illusoire où la frontière entre l’archaïque et le futuriste finit par se dissoudre.