
Du 23 octobre au 17 janvier 2027
du mercredi au dimanche de 14h à 19h
Lieu
Arles
– Dramaturgie des souvenirs textuels : Esther Meunier Corfdyr et Mathilde Reynaud
– Images de synthèse 3D : Mathilde Reynaud
– Renfort création 3D du papillon de nuit : Thomas Leon
– Renfort création 3D du Mark II : Damien Baïs
– Développement Game Design : Damien Baïs et Mathilde Reynaud
– Programmation + électronique : Damien Baïs
– Environnement Sonore et Sound Design : Tristan Soreau
– Soufflage de verre au chalumeau : Eléonore Gold-Dalg
Un projet plateforme CHRONIQUES CRÉATIONS.
Coproduction : PLÉIADES – Réseau Arts & Sciences, La Fruitière Numérique (Lourmarin), Octobre Numérique, CHRONIQUES – Pôle régional de la création en environnement numérique – Région PACA, dans le cadre de la Biennale des Imaginaires Numériques.

Le langage des phalènes se situe à la croisée du jeu vidéo expérimental et de l’installation immersive, mêlant déambulation contemplative, essai vidéo et fiction interactive.
Une projection de forêt laisse apparaître des souvenirs épars sous forme de courtes séquences vidéo 3D, avant de plonger le public dans l’univers du premier bug informatique documenté : en 1947, un papillon de nuit bloque le Mark II, ordinateur co-conçu par Grace Hopper. Le récit, non linéaire, se déploie sur une boucle cyclique de 10 à 15 minutes. Les spectateurs et spectatrices sont invité·es à collecter des fragments mémoriels pour recomposer un imaginaire collectif.
L’installation physique épouse cette logique cyclique. Un voile blanc translucide flotte au-dessus d’un banc, tandis qu’une lampe entomologique — identique à celles qui attirent les papillons nocturnes — s’allume et s’éteint au rythme des redémarrages de la boucle du jeu. Assis·es sur le banc, les visiteur·euses se trouvent dans la position du papillon : sans geste volontaire, leur seule présence rejoue l’interruption de l’insecte en 1947, devenant le bug contemporain qui ouvre dans la machine une faille vers un autre imaginaire de la technologie. Chaque spectateur·trice devient ainsi l’agent inconscient d’une nouvelle perturbation, transformant l’installation en moteur de possibles narratifs.
L’interaction, libérée des mécaniques traditionnelles de succès, d’échec ou de conquête, se concentre sur l’atmosphère et les dialogues textuels. Cette approche vise une expérience empathique où la flânerie prime sur la stratégie.
Dans le cadre du festival Octobre Numérique – Faire Monde
Au carrefour de la création contemporaine et des nouvelles technologies, le festival Octobre Numérique – Faire Monde propose chaque année à Arles expositions, rencontres, performances, conférences, projections, soirées et jeu vidéo artistique. Le festival défriche les pratiques d’avant-garde, provoque des débats et explore des mondes virtuels plus inclusifs, ouverts et durables.
Mathilde Reynaud, artiste numérique, née en 1994, vit et travaille à Saint-Étienne (Loire, France).
Diplômée de l’École supérieure d’Art et Design de Saint-Étienne, elle a étudié à la Kookmin University en Corée du Sud. Elle a ensuite intégré l’Unité de Recherches Numériques des Beaux Arts de Lyon, puis le Fresnoy – Studio national des arts contemporains.
Sa pratique artistique s’articule autour de l’image de synthèse 3D, un médium qu’elle aborde comme un outil d’empowerment, avec un regard féministe. Au moyen d’installations, de vidéos et de jeux vidéo, elle explore les liens que nous tissons avec les environnements virtuels et les écosystèmes qu’ils génèrent. À travers ceux-ci, elle tente de construire des discussions entre ces possibles qui coexistent entre réel et virtuel. Son travail, construit autour de fabulations, glisse vers une forme de science-fiction, ouvrant des espaces de réflexion sur la science, la nature, l’altérité, le féminisme. Des récits qui proposent le sensible et l’attention à l’autre comme manière d’exister, pour imaginer d’autres futurs technologiques.
Son travail a été présenté en France, en Corée du Sud, en Lettonie, en Arménie et au Sénégal.