
Du 7 novembre au 30 janvier 2027
du mardi au samedi de 9h à 18h et le dimanche de 9h à 13h
Polaris – centre d’art
Istres
Exposition produite et imaginée par Polaris – centre d’art.
Depuis les années 1990, Pierrick Sorin affirme son mode d’expression par le biais de l’art vidéo. Adepte de l’auto filmage, il crée alors des saynètes en se mettant en scène avec beaucoup d’humour, dans des décors bricolés d’objets réels et fictifs. Au fil du temps, ses œuvres ont emprunté différentes formes : court métrages, installations visuelles ou dispositifs à effet holographique aussi appelés théâtres optiques.
L’artiste endosse tous les rôles, avec humour et dérision, il habite tous les personnages de son œuvre, des êtres plutôt maladroits, mal à l’aise ou timides dont la gestuelle évoque l’univers du cinéma burlesque. Une poésie de l’illusion, s’inscrivant dans l’héritage de Georges Méliès ou Jacques Tati, qui interroge avec une douce ironie le processus de construction des images mises en avant et leur validité.
Face à la complexité du monde, Pierrick Sorin bifurque vers un monde absurde, à la fois sérieux et drôle et interroge sur un mode comique autant les fondements d’une démarche artistique que la condition humaine. Une œuvre intime et cocasse qui bouscule nos regards et nos perceptions.
Visites et ateliers proposés par Polaris
Vidéaste, scénographe et metteur en scène, Pierrick Sorin développe une œuvre qui questionne le statut de l’image, tout en considérant la vidéo comme possible prolongement du champ pictural.
Diplômé des Beaux-Arts de Nantes en 1988, il réalise d’abord des autoportraits sur le mode burlesque en super 8. Vite remarqué, son travail, faisant dialoguer réel et fiction, est présenté lors de multiples expositions en France et à l’étranger. L’arrivée de la vidéo puis les outils numériques vont lui permettre de développer sa pratique. A travers des saynètes mettant en scène les petites catastrophes du quotidien, son œuvre teintée d’humour remet aussi profondément en question notre fascination pour le visuel et notre consommation passive d’images. Presque toutes ses œuvres prennent à partie le spectateur ou l’intègrent à son insu au cœur du dispositif. En 1995, il réalise une première installation avec un dispositif holographique qui lui permet d’inclure un personnage évoluant dans le décor réel. A partir de 2006, il met en scène des opéras, toujours en utilisant la vidéo et les trucages visuels. En 2009, il signe une pièce de théâtre intitulée 22h13. Le musée national Fernand Léger à Biot et le musée d’art de Nantes lui ont respectivement consacré une exposition en 2023 et 2024.
Pour l’inauguration de ses nouveaux espaces boulevard Raspail, la Fondation Cartier commande en 1994 La Bataille des Tartes, dispositif pour lequel Pierrick Sorin se met en scène tel “un personnage violemment agressé par des lanceurs de tartes et qui court d’un écran à l’autre sans possibilité de fuir vraiment. Energie violente, énergie de désir condensé en une fraction de seconde – la tarte qui explose sur la chair – et, pêle-mêle, des idées de peinture (le recouvrement, la couleur), peinture de guerre (le corps peint), de sculpture (le corps remodelé par la crème pâtissière), de cinéma (le corps en mouvement de Muybridge en burlesque) …” En 2001, la Fondation Cartier l’invite à concevoir une exposition qu’il imagine comme une œuvre totale : autofilmages et multiplication d’identités, images en trois dimensions et occupation totale de l’espace, mise en place de dispositifs de présentation de l’image vidéo et dévoilement de tous ses trucages. Les œuvres présentées se joignent aux trois œuvres déjà présentes dans la collection : La Bataille des Tartes (1994), La Belle peinture est derrière nous (1989), Projections (1997).