
Du 30 octobre au 12 décembre 2026
du mercredi au samedi de 14h à 19h
La Galerie de La Manufacture
Aix-en-Provence
Stéfane Perraud et Aram Kebabdjian
Direction artistique : Stéfane Perraud
Système informatique : Manuel Deneu
Assistante : Ana Redina
Coproduction : Stereolux

Né en opposition aux penchants dystopiques et apocalyptiques du cyberpunk, le solarpunk est un mouvement artistique et politique qui encourage une vision optimiste de l’avenir. Il alimente de nouveaux récits pour mettre en scène des solutions et répondre aux questions environnementales et sociales actuelles. La technologie n’est pas bannie de ces formes de scénarios ; elle est mise au service de modes de vie alternatifs.
Le projet Solar Device se présente ainsi comme un laboratoire des états futurs de la technologie. C’est une machine désirable ou un projet utopique pour une société à venir. L’installation, uniquement alimentée par des panneaux solaires situés à l’extérieur de la salle d’exposition, fonctionne au gré des stocks d’énergie dont elle dispose. Une série de panneaux de LEDs, disposés en cercle, alimentent douze moteurs Mendocino qui tournent en lévitation grâce aux photons que reçoivent leurs minis panneaux solaires. Inventés par les laboratoires Bell, en même temps que les cellules photovoltaïques, ces moteurs n’ont d’énergie que pour s’entraîner eux-mêmes. En temps réel, en tenant compte du cycle de notre étoile, de l’heure du jour et de la météo quotidienne, Solar Device, perpétuellement à la recherche de son équilibre énergétique, gère l’état de ses stocks et adapte son comportement lumineux et cinétique. Plus elle a d’énergie disponible, plus elle tourne, moins ses ressources sont abondantes, plus elle s’économise. Dans l’espace d’exposition, depuis quatre enceintes, des ondes binaurales enveloppent les spectateurs. Ce son hypnotique, modifié par le nombre de tours réalisés par les moteurs mendocino, est l’image directe de l’état énergétique de Solar Device. À rebours des puissances entropiques génératrices de chaos et de destruction, Solar Device invite à penser collectivement un mode d’organisation et de dépense plus résilients.

Stéfane Perraud et Aram Kebabdjian collaborent depuis 10 ans. Ils développent une pratique à la croisée de l’art, de la recherche scientifique et des humanités environnementales. Leurs travaux interrogent les dispositifs de mesure, les régimes de preuve et les formes de traduction sensible des phénomènes écologiques, en articulant données, protocoles techniques et récits contemporains. Leurs travaux explorent les relations entre paysage, écoute et immersion, à travers des installations, des compositions et des dispositifs situés. Ensemble, ils créent des machines narratives. Entre fiction et document, art et science, littérature et mythologie, installation sculpturale ou trans-média, leur travail tend à constituer une archéologie de notre temps. Leur travail a été présenté à la Plateforme 10 à Lausanne, au CENTQUATRE et au BAL à Paris, au Lieu Unique à Nantes, au Centre Wallonie Bruxelles ou au FRAC Corsica…
Stéfane Perraud est né en 1975, il vit et travaille à Paris. Il est diplômé des Arts décoratifs de Paris, et obtient un post diplôme en atelier de recherche interactive en 2001. Il obtient une résidence au Collège de France dans le cadre de l’Open Lab en 2011 et une bourse de développement de Pictanovo en 2013 pour un projet art/science lié au nucléaire.
Son domaine de recherche, lié à l’énergie de la matière et de la lumière, le pousse régulièrement à collaborer avec des écrivains et des scientifiques. Son travail ouvre un dialogue parfois fictif, avec l’imperceptible et l’inframince, dans la perspective de relier les diverses activités de l’âme humaine avec l’intimité de la matière. Ses outils et formats de prédilection sont des hybridations qu’il puise et déconstruit dans les nouveaux médias, les sciences et les techniques de pointe.
Depuis 2003, il collabore avec plusieurs artistes dans le milieu du théâtre, de la danse et de la performance (Eli Commins, Trajal Harell, Ali Moini…). Il expose régulièrement son travail en France et à l’étranger (Musée des Arts Décoratifs, le Collège des Bernardins, le Musée de la Chasse à Paris, la Maison Particulière à Bruxelles, le Centre d’Art de Manoa à Hawaï, la Chambre Blanche au Québec,…). Il prépare actuellement une exposition sur le paysage nucléaire qui se déroulera au Lieu Unique à Nantes en 2021, et une autre à Malte en 2020 sur les propriétés physiques de la lumière dans le cadre de la bourse européenne Vertigo.