Lara Tabet LB
Resilience Overflow

Installation

Exposition « Futurs solaires »

Du 30 octobre au 12 décembre 2026
du mercredi au samedi de 14h à 19h

La Galerie de La Manufacture
Aix-en-Provence

Crédits

Coproduction : Biofaction, Columbia University’s Post-Conflict Cities Lab.

Resilience Overflow est un projet aux multiples facettes reposant sur la création d’une souche bactérienne génétiquement modifiée, en collaboration avec le laboratoire de microbiologie environnementale moléculaire du Centre national de biotechnologie de Madrid. La bactérie, isolée dans l’intestin de l’artiste, est détournée et génétiquement modifiée pour intégrer et produire le neuropeptide Y humain, un gène lié à la résilience humaine, devenant ainsi une usine microscopique de production de médicaments.

Beyrouth est marquée par une histoire de violences cycliques, dont 30 ans de guerre civile. En 2019, le pays a subi une crise financière qui s’est ajoutée à une pandémie et qui a culminé avec l’explosion du port de Beyrouth.En l’absence de système de santé social, on constate une grave pénurie de médicaments, en particulier de psychotropes, dans un pays qui souffre d’un syndrome de stress post-traumatique à l’échelle nationale.

La résilience est définie comme la capacité à s’adapter avec succès face au stresset à l’adversité ; à survivre, à se remettre et à évoluer après un bouleversement. On l’a souvent attribuée au peuple libanais.
La résilience est également une caractéristique des communautés bactériennes, comme on le constate souvent dans la façon dont ces micro-organismes réagissent aux antibiotiques en mettant en place des mécanismes d’échappement.
Si l’on examine les fondements biologiques possibles de la résilience, de nombreux neurotransmetteurs sont impliqués, notamment, mais sans s’y limiter, le neuropeptide Y humain, une petite protéine produite par l’hypothalamus. De nombreuses études ont démontré son implication dans l’adaptabilité au stress et la protection contre le syndrome de stress post-traumatique.

Resilience Overflow, envisage hypothétiquement de libérer des organismes modifiés dans l’environnement afin de pallier les lacunes d’un gouvernement absent et corruption matière de politiques de santé publique. Ce projet consistait à modifier génétiquement les bactéries fécales de l’artiste afin qu’elles produisent le neuropeptide Y, une molécule humaine psychoactive, et à spéculer sur l’idée de la rejeter dans le réseau d’eau de Beyrouth, remettant ainsi en question la résilience en tant que prétexte politique et examinant le rôle de l’individu en l’absence de l’État, ainsi que les modes possibles d’alliances entre le monde humain et le monde microbiologique.