
Samedi 24 octobre 2026
à 22h30
Friche la Belle de Mai
Grand Cab
Marseille
En coréalisation avec l’AMI – Aide aux
Musiques Innovatrices et en partenariat
avec le Cabaret Aléatoire

Chayyel, qui signifie de manière non littérale « prends ton envol, libère-toi, improvise » est une performance audiovisuelle où Rayess Bek et Joan Baz réinventent la musique et la danse de la dabkeh. À partir d’enregistrements réalisés à Beyrouth avec des musiciens libanais, syriens et palestiniens – tableh, nay, mizmar, synthétiseur et voix, Rayess Bek propose un remix électro en direct, transformant ces sonorités en une matière contemporaine et pulsatile. En parallèle, Joan Baz manipule en live des images de danseurs de dabkeh qu’elle a filmés : ralentis, superpositions et collages visuels métamorphosent les corps en une danse hypnotique et spectrale.
Dans un Moyen-Orient traversé par les conflits, où l’identité des peuples est sans cesse remise en question, Chayyel prend acte de la fragilité et de la puissance de nos héritages. Loin de figer les traditions, le projet les propulse dans l’espace contemporain, comme un geste d’affirmation et de liberté. Le terme chayyel, employé dans la dabkeh pour inviter un musicien à improviser, devient ici une métaphore d’identités mouvantes : ni figées ni assignées, mais capables de se réinventer et de s’exprimer au-delà des fractures.
Entre concert, performance et installation, Chayyel célèbre l’improvisation comme un espace vital de résistance, de transformation et de réinvention collective.
Wael KOUDAIH (alias Rayess Bek) est un compositeur, performeur et artiste franco-libanais, pionnier du hip-hop arabe au début des années 2000. À travers son œuvre, il explore la mémoire culturelle du monde arabe en mêlant archives audiovisuelles, musique électronique et narration critique.
Après s’être imposé avec le groupe Aks’ser comme l’une des premières voix du rap en arabe, il se tourne vers des formes plus expérimentales avec Good Bye Schlondorff (2013), salué par le Centre Pompidou, le HKW et Superdeluxe (Tokyo). Son projet Love and Revenge (2015), qui remixe des classiques du cinéma arabe, a tourné dans plus de 24 pays.
Il poursuit cette démarche avec Galbi Galbi, autour des archives du Studio Baalbek, et Agmal Layali (2025), commande de la Philharmonie de Paris en hommage à Oum Kalthoum. Parmi ses autres œuvres : Strange Land (2019), DABAKA (2018), et 4375 (2017), toutes situées à la croisée de la mémoire, du son et de l’engagement.
Wael KOUDAIH collabore également avec le cinéma, le théâtre et le documentaire, affirmant une démarche artistique qui interroge les récits dominants et redonne voix aux archives oubliées.