
Cette œuvre d’art est composée de plus de quinze millions de photos d’identité judiciaire de personnes arrêtées aux États-Unis. Elle a brouillé les casiers judiciaires de six sites web spécialisés en photos d’identité judiciaire en les clonant, en floutant leurs images et en mélangeant leurs données. L’œuvre a fait l’objet de menaces juridiques de la part des propriétaires de ces sites et a reçu le soutien de victimes de chantage par le biais de ces photos. Obscurity explore l’éthique de l’information et les fondements émotionnels d’une réputation peu flatteuse exposée sur Internet. Au-delà de son reportage sur l’incarcération de masse, de l’expérience sociale et du piratage performatif, l’artiste a également conçu la politique de confidentialité Internet « Right to Remove », qui défend le droit légal de supprimer des informations personnelles des moteurs de recherche en adaptant le « droit à l’oubli » au contexte américain.

En tant qu’hacktiviste et artiste, Paolo Cirio mène des enquêtes sur les données et les systèmes des structures de pouvoir, qu’il s’attache à subvertir. Les preuves qu’il met au jour constituent le fondement de son action créative en faveur d’une meilleure réglementation. Il a reçu de nombreuses menaces judiciaires pour son art, qui recourt à des pratiques telles que le piratage informatique, la piraterie, les fuites de données, l’usurpation d’identité et les cyberattaques.
Cirio est connu pour avoir dévoilé plus de 200 000 sociétés offshore des îles Caïmans ; pour avoir piraté Facebook en publiant les données d’un million d’utilisateurs sur un site de rencontres ; pour avoir volé 60 000 articles d’actualité financière et des livres électroniques sur Amazon ; pour avoir escroqué Google ; pour avoir masqué 15 millions de casiers judiciaires américains ; et pour avoir révélé plus de 20 000 brevets technologiques permettant la manipulation sociale. Récemment, il a piraté plus de 100 000 registres de ventes aux enchères de Sotheby’s et a tenté de profiler 4 000 policiers français à l’aide de la reconnaissance faciale. Ses premiers travaux comprennent des cyberattaques contre l’OTAN et des reportages sur ses opérations militaires depuis 2001.
Paolo Cirio a remporté de nombreux prix, dont le premier prix Golden Nica à Ars Electronica à Linz en 2014 ; le deuxième prix Transmediale à Berlin en 2006 ; la bourse Eyebeam en 2012 ; et la bourse NEA à l’ISCP à New York en 2017.
Ses interventions et ses œuvres d’art fondées sur la recherche se présentent sous forme d’installations, de conférences, d’objets, de photos, de vidéos et d’art public, tant en présentiel qu’en ligne. Cirio a exposé dans des musées internationaux. Ses œuvres ont fait l’objet de centaines d’articles dans les médias du monde entier et il anime régulièrement des conférences publiques et des ateliers dans des universités de renom.