
Du 10 octobre au 28 novembre
du mercredi au samedi de 14h à 18h
ARTEUM MAC
Châteauneuf-le-Rouge
Exposition imaginée et produite par ARTEUM MAC

Un personnage féminin a développé ce qu’on appelle un état de stress écologique poussé. Chaque geste du quotidien — sa manière de consommer, de se déplacer, d’exister — est devenu une angoisse. La seule solution qu’elle trouve pour continuer à vivre : se transformer en arbre. Elle va dans la forêt, marche longtemps, s’allonge. Elle n’a aucune idée de comment ça marche. Elle ferme les yeux et commence à respirer, écouter, sentir de l’intérieur la transformation se faire en elle. Still Life traite de cette transformation — l’adaptation comme seul moyen de subsister. L’expérience est dessinée ligne à ligne dans un casque de réalité virtuelle — non pas sur ordinateur, mais dans l’espace. Sur scène, devant le public, un pinceau de lumière à la main : c’est tout le corps qui dessine.
Hela Lamine, née à Tunis en 1984, vit et travaille à Tunis. Elle est diplômée de l’Institut des Beaux-Arts de Tunis et de l’Université Paris I Panthéon-Sorbonne. De par sa formation de graveur, le dessin, qui constitue traditionnellement la base même d’une estampe, occupe une place très importante dans son travail. Jamais acquis, mais sans cesse remis en question, Hela Lamine s’intéresse à son évolution technique et historique, et s’interroge surtout sur la place qu’il peut occuper « à l’époque de sa reproductibilité technique ». Elle interroge ainsi la notion d’ « aura », mais aussi celle du « sacré », de la confrontation de l’ « unique » face au « multiple », de l’ « originel » et du « reproductible », du « consommable », du « consommé », et de « ce qui en reste »… jusqu’à une forme de boulimie linéaire qui prend, sur la durée, la forme de couches superposables semblables à celle des strates sédimentaires. Le dessin en VR (réalité virtuelle) occupe depuis quelques mois une place très importante dans ses recherches. Elle travaille essentiellement par séries, qui ont toutes pour principales matrices des portraits et/ou des corps humains qu’elle repère quotidiennement sur internet, mais également dans les livres, les magazines et les journaux. Elle collectionne, archive, déplace, dessine, dissèque, observe, replace, redessine encore et encore, de manière quasi obsessionnelle ; les met et remet en scène dans des fictions qu’elle qualifie d’« ouvertes » en référence au concept d’ « œuvres ouvertes » d’Umberto Eco. La figure / corps y est bien souvent malmenée, basculant entre beauté et laideur, entre figuration et abstraction, entre rêve et cauchemar… le corps humain y est poussé toujours un peu plus vers ses propres limites, et parfois bien au-delà. Pour son exposition personnelle intitulée « The Unsecret life of Samantha.C », Hela Lamine décide de mener une expérience inédite d’une durée d’un an et demi, au cours de laquelle elle suit en secret les publications d’une certaine Samantha, choisie au hasard sur le réseau social Facebook, et travaille sur toutes les données numériques dont elle a légalement accès. Ce qui l’intéressait le plus était les photographies visibles publiquement, où on y retrouve Samantha, ses amis et sa famille. En 2015, Hela Lamine y expose plus de 100 œuvres graphiques entre peintures, dessins et techniques mixtes, tous traitant de la vie « non-secrète » de Samantha.C. Participe depuis 2007 à de nombreuses expositions collectives en Tunisie et à l’étranger.