
Samedi 24 octobre 2026
à 20h30
Friche la Belle de Mai
Grand Plateau
Marseille

Le mot Tuqus est le pluriel de Taqs, et signifie en arabe « rituel », « cérémonie » ou « pratique sacrée ». Ce mot tire sa racine de son homonyme Taqs, qui désigne plutôt l’atmosphère, le climat, la météo, c’est-à-dire « la chose qui enveloppe et qui change l’air et la lumière ». Ce rapprochement entre la notion de rituel et celle du temps, dans la langue arabe, est très significatif. Il nous emmène vers une compréhension profonde de ce qu’est un rituel — ce qui enveloppe et transforme les âmes, à travers des gestes, des rythmes, des chants, le sacré, la répétition, pour aller au-delà de l’invisible. Un rituel, ou un taqs, est finalement un cycle, un temps de passage, un cheminement : de l’état neutre vers le chaos, et du chaos vers un nouvel ordre.
Film-concert immersif de Khalil Hentati (EPI), Tuqus traverse la Méditerranée pour filmer des pratiques de transe toujours vivantes : Tunisie, Égypte, Maroc, Italie, Grèce. Des gestes transmis, des rythmes répétés jusqu’à l’épuisement, des communautés qui s’ouvrent ensemble à l’invisible — et qui en reviennent transformées.
Sur scène, ces images dialoguent avec une création musicale électronique live et une scénographie immersive visuelle. Les sons captés sur le terrain deviennent matière sonore, le cinéma devient instrument, le concert devient rituel.
Compositeur, multi-instrumentiste et artiste vidéo, Khalil Hentati (EPI) s’impose comme une figure centrale de la réinterprétation électronique contemporaine des musiques traditionnelles et populaires. Son univers sonore circule librement entre musique électronique, improvisée, club et savante, tissant des ponts entre héritage et modernité avec une cohérence et une émotion rares.
Aïchoucha, sa création immersive mêlant musique live et film documentaire qu’il a lui-même réalisé, a rencontré un succès critique et public retentissant — saluée par les artistes et les grandes institutions pour son approche singulière de la mémoire sonore nord-africaine. Son duo Aïta Mon Amour avec la chanteuse marocaine Widad Mjama a depuis tourné largement, portant leur vision de la musique populaire arabe contemporaine sur les scènes d’Europe et au-delà. Il est également membre de Frigya aux côtés du percussionniste Imed Alibi.
Au fil des années, il a collaboré avec un large spectre d’artistes, danseurs et musiciens — N3rdistan, Seydou Boro, Masrah el Khachaba, Arabstazy — à travers l’image, la danse contemporaine, l’animation, l’orchestration et l’arrangement lyrique. Il co-dirige le label franco-tunisien Shouka, et est co-fondateur de Mottamar, le Congrès arabe des musiques électroniques et innovantes.